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Dans les limites [planétaires] : Limiter l’impact environnemental de l’IA

Introduction

Déclaration commune de la société civile pour le Sommet sur l’action en matière d’IA

Signée par plus de 130 organisations. Si vous partagez nos préoccupations et nos revendications concernant la compatibilité des systèmes d’IA avec les limites de notre planète, et si vous êtes une organisation de la société civile, vous pouvez signer via ce formulaire sur Framforms.

Nous sommes à un tournant décisif dans l’avenir de l’informatique. Les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) sont en plein essor et son application dans la société s’accélère à une échelle sans précédent. Parallèlement, en 2024, la limite de réchauffement climatique de 1,5 °C a été dépassée tout au long de l’année et les limites de plusieurs systèmes planétaires essentiels à la vie ont été franchies. Les vagues de chaleur, les tempêtes, les incendies et les inondations dévastateurs nous rappellent l’impact des activités humaines sur toute vie sur cette planète.

Le consensus scientifique est clair : les combustibles fossiles doivent être progressivement éliminés afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent la planète. Pourtant, de plus en plus d’éléments montrent que les systèmes d’IA augmentent les émissions et renforcent la dépendance aux combustibles fossiles, tout en épuisant des ressources essentielles telles que l’eau, la terre et les matières premières, en intensifiant les dommages environnementaux tout au long de la chaîne d’approvisionnement technologique et en accélérant l’expansion des infrastructures informatiques gourmandes en ressources au-delà des limites durables.

Cependant, ces faits n’occupent qu’une place marginale dans les débats sur la gouvernance. Le secteur technologique continue de fonctionner comme s’il n’y avait pas de limites planétaires. Les leaders technologiques et les gouvernements justifient la poursuite des investissements dans les systèmes d’IA en les présentant comme un outil au service du développement durable. Cependant, l’IA ne pourra jamais être une « solution climatique » si elle fonctionne aux combustibles fossiles et est utilisée pour extraire du pétrole et du gaz.

Pour relever le défi du changement climatique, de la dégradation de l’environnement, de la pollution et de la perte de biodiversité, ainsi que des injustices qui en découlent, nous exhortons les décideurs politiques, les chefs d’entreprise et toutes les parties prenantes à reconnaître les coûts environnementaux réels de l’IA, à éliminer progressivement les combustibles fossiles tout au long de la chaîne d’approvisionnement technologique, à rejeter les fausses solutions et à consacrer tous les moyens nécessaires pour mettre les systèmes d’IA en conformité avec les limites planétaires. Répondre à ces exigences est une étape essentielle pour garantir que l’IA ne contribue pas à aggraver la dégradation de la planète et puisse au contraire soutenir une transition durable et équitable.

Nous, les signataires, exigeons que les systèmes d’IA soient rendus compatibles avec les limites de notre planète, notamment :

Exigences

I. Élimination progressive des combustibles fossiles

Les centres de données qui alimentent l’intelligence artificielle consomment tellement d’énergie que nous avons du mal à répondre à la demande sans ralentir les progrès en matière de lutte contre le changement climatique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation électrique mondiale des centres de données pourrait doubler pour atteindre plus de 1 000 TWh d’ici 2026, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle du Japon. Dans certaines régions du monde, cette demande croissante pousse les infrastructures électriques à leurs limites, prolongeant et intensifiant notre dépendance aux combustibles fossiles, dont la pollution est liée à des problèmes de santé publique, notamment des maladies pulmonaires et des décès prématurés.

1. Les infrastructures d’IA, y compris les centres de données, doivent être exemptes de combustibles fossiles. Brûler davantage de combustibles fossiles pour alimenter ces centres de données aggraverait les impacts climatiques et violerait les engagements internationaux visant à limiter le réchauffement climatique. Aux États-Unis et dans certaines régions d’Europe, les centres de données entraînent déjà une augmentation de la capacité de production de gaz fossile et, dans certains cas, le maintien en activité de centrales à charbon. Les technologies d’IA ne doivent pas être alimentées par des combustibles fossiles, y compris leur alimentation électrique principale, l’utilisation de générateurs diesel de secours et tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

2. Les entreprises technologiques doivent investir dans l’apport d’énergies renouvelables nouvelles et supplémentaires pour alimenter les nouveaux centres de données. Elles doivent s’engager à faire fonctionner leurs centres de données à 100 % avec des énergies renouvelables produites localement. Les énergies renouvelables destinées aux nouveaux centres de données doivent également s’ajouter aux énergies renouvelables existantes ou déjà prévues. Si la demande des nouveaux centres de données se contente de capter les énergies renouvelables dont ont besoin d’autres secteurs, cela ne remplace pas les combustibles fossiles, mais ne fait que transférer les émissions vers d’autres secteurs. Les grandes entreprises technologiques ont investi massivement dans les énergies renouvelables ces dernières années, mais il est important qu’elles utilisent leurs vastes ressources pour soutenir la transition énergétique à plus grande échelle en mettant sur le marché des énergies renouvelables entièrement nouvelles et en investissant dans des infrastructures électriques basées sur les énergies renouvelables.

3. Les entreprises technologiques doivent cesser de s’appuyer sur la compensation dans leurs déclarations relatives aux émissions énergétiques. Amazon et Meta promeuvent de fausses solutions telles que l’« émissionalité » FIXME, qui leur permettraient de revendiquer l’utilisation de sources d’énergie renouvelables tout en continuant à brûler des combustibles fossiles. D’autres acteurs du secteur s’orientent vers une comptabilité plus crédible qui réduit les émissions en alignant leurs achats d’énergie renouvelable sur leur consommation énergétique en temps réel.

4. Les entreprises technologiques doivent immédiatement divulguer et mettre fin aux contrats qui fournissent l’IA à l’industrie pétrolière et gazière, en particulier à des fins d’exploration et de forage. Les outils d’IA sont vendus à l’industrie pétrolière et gazière, ce qui permet de produire des millions de tonnes supplémentaires d’émissions de carbone à un moment où le consensus scientifique appelle clairement à l’élimination progressive des combustibles fossiles. L’IA ne pourra jamais être un outil de durabilité tant qu’elle sera utilisée pour aider l’industrie pétrolière et gazière à pomper et à extraire davantage de réserves de combustibles fossiles.

II. Informatique dans les limites

Les promesses d’une « croissance verte de l’IA » et d’une « IA au service de l’environnement » sont souvent utilisées pour justifier l’expansion des infrastructures informatiques dédiées à l’IA et la poursuite de l’utilisation des combustibles fossiles, tout en entravant la décarbonation et d’autres objectifs de développement durable. Bien qu’elles investissent dans les énergies renouvelables, les grandes entreprises technologiques telles que Google et Microsoft s’interrogent désormais sur leur capacité à atteindre leurs propres objectifs climatiques et énergétiques, tandis qu’Amazon et Meta s’efforcent de pouvoir continuer à brûler des combustibles fossiles tout en prétendant être 100 % renouvelables. Parallèlement, l’énergie nucléaire est présentée comme une solution, mais il s’agit en grande partie d’une distraction dangereuse. Les longs délais de mise en service des petits réacteurs modulaires et les risques liés à la sécurité du redémarrage des centrales nucléaires déclassées, comme l’illustre le projet controversé de Microsoft de rouvrir le site de Three Mile Island, sapent encore davantage la crédibilité de cette approche. Sans répondre à la demande énergétique croissante de l’IA et à sa contribution à la crise climatique, la promesse de l’IA comme « solution climatique » n’est que pure fiction.

5. Les gouvernements devraient imposer un moratoire ou un plafonnement de la demande énergétique des centres de données. Si l’infrastructure de l’IA ne peut pas se développer de manière durable, elle doit être limitée. Lorsque la demande énergétique est extrêmement élevée, d’autres secteurs et utilisations peuvent et doivent avoir la priorité sur l’expansion effrénée de l’IA. Des secteurs tels que les écoles, les hôpitaux et les ménages sont essentiels à la société et devraient bénéficier d’un accès prioritaire à l’énergie. L’électrification du chauffage et des transports, par exemple, sont également des mesures essentielles pour réduire les émissions mondiales de carbone et doivent être prioritaires en cas de pénurie d’énergie.

6. Veiller à ce que les nouveaux centres de données construits n’épuisent pas les ressources en eau et en terres nécessaires à la population. Les centres de données consomment d’énormes quantités d’eau, des millions de litres par jour, ce qui équivaut aux besoins de centaines de milliers de foyers, et souvent dans des zones sujettes à la sécheresse ou des bassins versants soumis à des contraintes. Les sites de centres de données plus importants peuvent également nécessiter des millions de mètres carrés de terrain, ce qui entraîne le défrichage et la destruction de la biodiversité, sans parler de la pollution atmosphérique et sonore du site. D’autant plus que les centres de données deviennent un marché immobilier lucratif, ils ne devraient pas être en concurrence avec les populations locales et les services essentiels.

7. Donner la priorité à l’informatique adaptée au réseau pour effectuer les calculs lourds lorsque la demande est faible et que l’énergie renouvelable est disponible. Tous les calculs ne doivent pas nécessairement être effectués immédiatement, voire pas du tout. L’informatique adaptée au réseau tient compte des besoins énergétiques et de la disponibilité d’énergies renouvelables supplémentaires, et les calculs sont programmés en équilibrant les besoins concurrents et en respectant les limites d’utilisation convenues. Cette flexibilité du côté de la demande peut alléger la pression sur les réseaux et favoriser la transition vers les énergies renouvelables. En outre, nous devons réfléchir aux domaines dans lesquels les besoins en calcul peuvent être réduits, par exemple lorsqu’il ne s’agit pas de soutenir des services essentiels ou l’intérêt public.

8. Les gouvernements doivent interdire l’obsolescence programmée et défendre le droit à la réparation. Les modèles commerciaux actuels dans le domaine du matériel informatique encouragent les appareils, y compris les serveurs nécessaires à l’IA, à tomber en panne prématurément, une pratique appelée « obsolescence programmée ». L’industrie et les décideurs politiques devraient encourager la circularité et la longévité afin de prolonger la durée de vie du matériel informatique existant. En outre, le droit de réparer et de modifier librement les produits technologiques devrait être renforcé.

III. Chaînes d’approvisionnement responsables

Le secteur de l’IA englobe les plateformes de cloud computing, les centres de données, la fabrication de semi-conducteurs, les services spécialisés tels que le développement d’applications d’IA, les laboratoires de recherche, ainsi que les tests et le développement continus de nouveaux modèles. Il est préoccupant de constater que la chaîne d’approvisionnement mondiale impliquée dans l’IA fait l’objet d’une attention réglementaire moindre, qu’il s’agisse de l’extraction des matières premières nécessaires au matériel qui héberge et exécute les applications d’IA, des dommages environnementaux et sanitaires causés par les laboratoires de fabrication de puces ou de la consommation exorbitante d’eau dans le processus de fabrication. Si toutes les entités sont responsables de leur part des conséquences environnementales et sociales de l’IA, ce sont les entreprises qui détiennent une part de marché importante et exercent une influence économique et politique qui ont la responsabilité première de garantir une chaîne d’approvisionnement responsable.

9. Les entreprises technologiques doivent réduire les émissions de leurs chaînes d’approvisionnement conformément aux meilleures données scientifiques disponibles. Les compensations carbone et autres fausses solutions qui ne réduisent pas réellement les émissions, telles que les technologies expérimentales de capture du carbone, doivent également être rejetées. Les entreprises technologiques doivent plutôt se concentrer sur la mise en œuvre de mesures concrètes visant à décarboner l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement. En particulier, la fabrication de semi-conducteurs, qui sont à la base du matériel informatique avancé utilisé pour l’IA, est un processus extrêmement gourmand en ressources et en énergie. Les entreprises technologiques doivent s’engager à utiliser 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 dans l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement, soutenir leurs fournisseurs, tels que les fabricants de semi-conducteurs, dans leur transition vers les énergies propres et plaider en faveur d’un recours accru aux énergies renouvelables dans les régions où celles-ci sont limitées.

10. Les entreprises technologiques doivent veiller à ce que l’extraction des matières premières dans leur chaîne d’approvisionnement ne nuise pas à l’environnement ni aux communautés locales. La violence sur les sites d’extraction s’intensifie souvent en raison d’une course vers le bas alimentée par la demande des entreprises technologiques pour des matières premières au prix le plus bas. Il en résulte des violations flagrantes des droits humains qui renforcent encore les inégalités existantes. Les décideurs politiques ont également un rôle clé à jouer : les politiques qui visent à augmenter l’extraction et la consommation de matières premières précieuses et limitées ne garantiront pas un avenir durable.

IV. Participation équitable

Il est essentiel que l’intérêt public soit représenté dans les décisions concernant l’utilisation et les conditions d’utilisation de l’informatique. Le marché de l’IA est dominé par un ensemble de modèles linguistiques privatisés et commerciaux développés par les entreprises technologiques les plus puissantes au monde, sans mécanisme de responsabilité efficace. Les centres de données, les câbles sous-marins et les sites de production se développent à travers le monde sans consultation des communautés et sans que l’industrie ne fournisse suffisamment d’informations sur leur impact sur l’environnement, la santé et les droits humains. Parallèlement, l’espace civique se réduit pour le débat public et l’action collective, car l’activisme climatique et environnemental est de plus en plus criminalisé à travers le monde, y compris le travail mené par les défenseurs des droits humains et les journalistes.

11. Les communautés touchées tout au long de la chaîne d’approvisionnement doivent être associées à toute prise de décision, activité et pratique qui les concerne. Les populations sont amenées à payer un coût social énorme pour le développement des systèmes d’IA, perdant leur accès à la terre et à l’eau, subissant des effets négatifs sur leur santé et payant des factures d’électricité plus élevées. Des évaluations d’impact participatives et d’autres forums publics sont nécessaires pour que les personnes touchées par les infrastructures d’IA puissent pleinement peser le pour et le contre et participer à la prise de décision. Cet engagement doit intervenir bien avant le lancement d’un projet et fournir une information complète, significative et détaillée sur tous les impacts attendus. Tous les acteurs concernés doivent être inclus, et pas seulement la communauté géographiquement adjacente au projet, et cela doit s’inscrire dans le cadre d’une consultation continue plutôt que d’un exercice ponctuel.

12. Les gouvernements doivent cesser de criminaliser l’action climatique. Face à l’inaction climatique, il est à la fois naturel et nécessaire que les citoyens s’expriment et manifestent contre les menaces croissantes qui pèsent sur notre planète. Cependant, les gouvernements du monde entier intensifient leurs efforts pour faire taire la dissidence. Les militants écologistes, les journalistes et les défenseurs des droits humains, en particulier dans les pays du Sud, sont pris pour cible, surveillés et tués pour leur activisme, tandis que les manifestations pacifiques sont de plus en plus criminalisées et même qualifiées de terrorisme. Les citoyens doivent pouvoir se réunir et s’exprimer en toute sécurité.

V. Transparence

La transparence permet au public, aux décideurs, à la société civile et aux communautés concernées de suivre les progrès accomplis, de prendre des décisions éclairées et de demander des comptes aux parties prenantes. La transparence doit être significative, et les informations accessibles au public concernant les implications sociales et environnementales des infrastructures d’IA proposées doivent être fournies au public avant leur construction ou leur mise à l’échelle. Les rapports sur la consommation d’énergie ou d’eau seuls, sans participation équitable du public, ne suffisent pas. Si la transparence n’est pas une solution miracle, elle constitue néanmoins un élément crucial qui aide le public à déterminer si les infrastructures sont véritablement dans son intérêt.

13. Les impacts environnementaux, notamment la consommation d’énergie et d’eau, doivent être suivis et mesurés tout au long du cycle de vie de l’IA. Une grande attention a été accordée à la comparaison des impacts de différents types de systèmes d’IA afin d’identifier les modèles potentiellement moins gourmands en énergie. Cependant, les données disponibles dans le domaine public ne sont pas suffisantes pour évaluer pleinement les impacts tout au long du cycle de vie, depuis les phases de formation et d’application (ou « inférence ») jusqu’à la chaîne d’approvisionnement. Il est également nécessaire de rendre compte et de faire preuve de transparence sur les objectifs et les types de modèles d’IA et leurs impacts en termes d’émissions, y compris les émissions facilitées, par exemple par l’application de l’IA à l’exploration pétrolière et gazière.

14. Les fournisseurs d’infrastructures d’IA doivent faire preuve de transparence quant au développement, à la consommation de ressources et aux impacts des centres de données avant leur construction. Les constructeurs et les propriétaires de centres de données doivent divulguer publiquement l’emplacement des sites des centres de données et leur impact sur les communautés locales et l’environnement, ainsi que la demande énergétique des futurs centres de données, afin que les services publics et les planificateurs de réseaux puissent planifier avec précision les besoins énergétiques futurs. Les opérateurs de centres de données et les entreprises qui exploitent des applications d’IA doivent être tenus de divulguer, pour chaque centre de données, leur consommation d’eau et d’électricité, y compris la composition réelle des combustibles fossiles utilisés.

15. Les opérateurs doivent publier les données relatives à l’impact environnemental du développement et du transport de leur matériel informatique dans un format ouvert, accessible et en temps opportun. Les opérateurs de centres de données à locataire unique et les clients de centres de données à locataires multiples (également appelés « colocations ») doivent rendre compte de l’impact environnemental de leur matériel tout au long de son cycle de vie. Cela comprend la déclaration du volume de matériel par site, ses coûts intrinsèques (eau, énergie et pollution), la durée de vie du matériel dans le centre de données et son élimination.

Conclusion

Les demandes formulées dans cette lettre proposent des moyens concrets pour aligner l’IA sur les limites planétaires. Elles représentent le strict minimum nécessaire pour atténuer les dommages causés à nos économies, à nos sociétés et à notre planète commune.

Il est impératif de reconnaître que l’IA et son infrastructure informatique ont un coût : ce sont des processus gourmands en ressources qui exercent une pression considérable sur nos ressources naturelles déjà limitées. Les avantages et les coûts supposés ne sont pas répartis équitablement. Les pays et les communautés les plus vulnérables au changement climatique rapide sont les premiers à subir les effets néfastes de l’IA et de ses besoins informatiques, et ils ont moins leur mot à dire dans son développement.

Un changement de paradigme est nécessaire de toute urgence. Nous devons cesser de considérer le progrès technologique comme intrinsèquement bénéfique ou illimité, et privilégier plutôt les processus d’IA qui contribuent de manière significative à la société tout en minimisant les dommages environnementaux et humains. Cela nécessite de réajuster nos attentes, d’établir de nouvelles normes et de faire des choix délibérés qui réduisent le coût environnemental important de l’IA et développent la technologie dans certaines limites.

Nous exhortons les décideurs politiques, les dirigeants industriels et toutes les parties prenantes du débat sur l’IA à reconnaître les coûts environnementaux réels de l’IA, à rejeter les fausses solutions et à consacrer tous les moyens nécessaires pour mettre les systèmes d’IA en conformité avec les limites planétaires. Ce n’est qu’à travers de tels changements que nous pourrons exploiter l’IA comme un outil au service du développement durable, plutôt que comme un facteur aggravant la dégradation de notre planète.

Avec espoir et détermination pour notre avenir collectif.



Signataires [liste au 22/02/2026]

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  • Access Now
  • Accolades
  • AI Now Institute
  • AIAAIC
  • AlgorithmWatch
  • AlgorithmWatch CH
  • Amnesty International
  • ARTICLE 19, Office for Mexico and Central America
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  • Association for Progressive Communications - APC
  • Athena Coalition
  • Beyond Fossil Fuels
  • Bits of Freedom
  • Campaign on Digital Ethics (CODE)
  • Canopée Conception
  • Centre for Internet and Society India
  • Chile Sin Ecocidio Foundation
  • Clean Air Action Group
  • Climate Action Against Disinformation Climate Action Network (CAN) Europe
  • Climate Change AI
  • CNCD-11.11.11
  • Coding Rights
  • Commown
  • Computer Says Maybe
  • Consumer Federation of America
  • Corporate Europe Observatory (CEO)
  • Corporación Defensa de la Cuenca del Mapocho
  • Critical Carbon Computing Collective
  • critical infrastructure lab
  • Danes je nov dan
  • Data & Society Research Institute
  • Data for Good
  • Data Privacy Brasil
  • Data Rights
  • Defend Democracy
  • Demand Progress Education Fund
  • Digital Courage
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  • Digital Futures Lab
  • Digital Grassroots
  • Digital Rights Ireland
  • Digital Technology for Democracy Lab, UVA
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  • Electronic Privacy Information Center (EPIC)
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  • Equinox Initiative for Racial Justice
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  • FAIR SHARE of Women Leaders
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  • Forum Computer Professionals for Peace and Societal Responsibilty (FIfF)
  • French Data Network (FDN)
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  • Friends of the Earth Ireland
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  • Green Coding Solutions
  • Green Web Foundation
  • Greenpeace Greece
  • HAMACA
  • Heinrich-Böll-Stiftung
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  • Irish Council for Civil Liberties, Enforce
  • Iroco
  • Just Sustainability Design lab, University of Toronto
  • Kairos Action
  • Klimatická koalice / Czech Climate Coalition
  • La Quadrature du Net
  • Laboratory of Public Policy and Internet
  • Latin American Institute of Terraforming
  • McDiarmid Climate Consulting
  • Mouvement écologique (Luxembourg)
  • neuland - Büro für Informatik GmbH
  • Niboe
  • Numun Fund
  • Oeko-Institut
  • Open Future
  • Open Knowledge Brasil
  • Open Knowledge Foundation
  • Open Markets Institute
  • Organisation Féministe MARIJÀN (OFMA)
  • Pimentalab - Laboratory of Technology, Politics and Knowlegde - Federal University of São Paulo
  • Polska Zielona Sieć (Polish Green Network)
  • ProtocolLabs
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  • Racism and Technology Center
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  • Relaia
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  • Society for the Earth (TNZ)
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  • The Engine Room
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  • Trans-Atlantic Consumer Dialogue (TACD)
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  • Ugnayang Pang-Aghamtao (Anthropological Association of the Philippines)
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  • Weaving Liberation
  • Whose Knowledge?
  • WISE
  • Women Against Fascism (WAF)
  • Workshop for All Beings
  • ZERO
  • ZVEZA POTROŠNIKOV SLOVENIJE



Bibliographie [en]

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AI in fossil fuel exploration

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Livres à lire pour approfondir le sujet [fr]

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