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Greenwashing - Manuel pour dépolluer le débat public

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Couverture du livre "Greenwashing - Manuel pour dépolluer le débat public"

Caractéristiques
Auteurs Collectif
Éditeur Seuil
Collection Anthropocène
Date de parution 25/03/2022
Langue FR
Nombre de pages 256
Format 14 x 29 cm
EAN 978-2021492897
ISBN 978-2-02-149289-7
Page Web (éditeur) Greenwashing - Manuel pour dépolluer le débat public


Présentation par l'éditeur

Saviez-vous que les objectifs de « neutralité carbone » reposent largement sur des technologies qui n’existent pas ? Que la destruction d’une zone naturelle peut être « compensée » par l’investissement dans un produit financier ? Que l’on ne produira jamais assez d’hydrogène « vert » pour remplacer le pétrole ? Alors que l’enjeu écologique est décisif, nous avons un besoin urgent de clarifier les débats sur le sujet. Le greenwashing est ce qui nous en empêche. Évoquant tour à tour un verdissement de façade, la récupération d’un discours environnementaliste vidé de sa substance, la mise en place d’innovations aux effets « écologiques » douteux, il biaise le débat public et empêche des choix démocratiques éclairés.

Fort de ses vingt-quatre entrées : croissance verte, économie circulaire, énergies décarbonées, dématérialisation, politiques publiques, nucléaire, transition, véhicule propre, ville durable… ce manuel d’autodéfense intellectuelle permet d’appréhender le greenwashing dans toute son ampleur. Trente-cinq scientifiques et spécialistes de ces questions révèlent les fausses promesses, les illusions rassurantes et les formes d’enfumage qui nous enferment dans des trajectoires insoutenables. Un outil essentiel pour ouvrir la voie aux bifurcations nécessaires.


Les auteurs

Collectif sous la direction d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières.
Aurélien Berlan est docteur en philosophie, chargé de cours à l’université Toulouse Jean-Jaurès. Guillaume Carbou est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux. Laure Teulières est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université Toulouse Jean-Jaurès. Tous trois sont membres de l’AtÉcoPol, collectif de chercheuses et de chercheurs réfléchissant à la question écologique.


Table des matières

  • Introduction – Du verdissement de façade au verrouillage de l’avenir : formes et fonctions du greenwashing
  • Agriculture durable – Comment la nocivité de l’agriculture industrielle est-elle dissimulée ?
  • Anthropocène – L’écomodernisme pour piloter la catastrophe écologique ?
  • Biodiversité – À qui profite le flou ?
  • Compensation – Notre impact sur la biosphère peut-il être l’objet d’un jeu comptable ?
  • Construction écoresponsable – Le grand gâchis des normes environnementales ?
  • Croissance verte – La raison économique peut-elle faire l’économie de la raison ?
  • Dématérialisation – Le numérique est-il un paradis virtuel ou un bagne industriel ?
  • Développement durable – Jusqu’à quand va-t-on perpétuer la religion du Progrès ?
  • Éco-citoyen – Changer les individus sans repenser la société ?
  • Économie circulaire – Recycler la promesse d’infini ou prendre au sérieux les limites écologiques ?
  • Écopsychologie – Simple développement personnel ou combat culturel ?
  • Énergie décarbonée – Mangeons-nous assez de frites pour voyager en avion ?
  • Finance verte – Financer la transition ou financiariser la nature ?
  • Nationalisme vert – Peut-on concilier nationalisme et écologie ?
  • Nature humaine – L’être humain est-il écocidaire par nature ?
  • Neutralité carbone – Quand la baignoire déborde, le plus simple n’est-il pas de fermer le robinet ?
  • Nucléaire – Un avenir à la fois plus chaud et plus radioactif ?
  • Politiques publiques – En matière d’écologie, l’État peut-il autre chose que se payer des mots ?
  • Prise de conscience – Une incantation au service des pollueurs ?
  • Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) – Peut-on moraliser les joueurs sans changer les règles du jeu ?
  • Tourisme – Quelle empreinte pour visiter le monde manière « responsable » ?
  • Transition – Évoluer vers un monde soutenable ou relancer les illusions du développement durable ?
  • Véhicule propre – Changer de voiture pour changer le monde ?
  • Villes durables – Les métropoles peuvent-elles verdir autre chose que leurs façades ?


Notes de lecture

Dématérialisation – Le numérique est-il un paradis virtuel ou un bagne industriel ?

En quoi consiste alors la « dématérialisation » d’une activité, d’un service, d’une procédure administrative ? Là où il lui suffisait de se rendre dans le commerce ou le service en question, l’usager doit désormais disposer de toutes sortes de machines connectées à un immense réseau. En termes de consommation de ressources et d’énergie, la prestation est infiniment plus « matérielle » que celle qu’assurait le service incarné par le commerçant ou le fonctionnaire. Elle n’a pas été dématérialisée, mais automatisée et déshumanisée : les personnes qui s’en chargeaient ont été licenciées, remplacées par des machines.

En parlant de numérique et non d’électronique, de cloud et non de réseau mondial de stockage et de traitement des données, d’intelligence artificielle et non de supercalculateur, on occulte la matérialité du monde numérique. Mais si cette dernière est difficile à appréhender, cela tient aussi à l’ampleur de l’infrastructure technologique requise, si vaste qu’elle est difficile à embrasser par l’imagination, ainsi qu’à notre méconnaissance des procédés de production de nos gadgets électroniques. Tout cela contribue à donner un vernis de vraisemblance aux incitations à faire en ligne ce qu’on peut faire sur papier, afin de « préserver la planète ».

L’insoutenable matérialité du monde numérique

[…]
L’infrastructure numérique est loin de se limiter aux ordinateurs. Le câblage des réseaux nécessite des quantités colossales de cuivre, dont la production entraîne des rejets de dioxyde de soufre, d’arsenic et de cadmium. La production mondiale de cuivre en 2015 était cinq fois plus élevée que la production moyenne sur la période 1956-1965. Et cette croissance est d’autant plus accablante que la quantité d’énergie et de déchets miniers qu’elle nécessite ne cesse d’augmenter, du faut de la concentration toujours plus faible de ce métal dans les gisements exploités : s’il fallait 55 tonnes de minerai pour produire une tonne de cuivre dans les années 1930, il en faut aujourd’hui 125.

[…] Et les téraoctets de données ont un destin moins céleste que le suggère l’expression « cloud ». Le data-center Dalles de Google, en Oregon, abrite 100 000 serveurs, occupe une surface équivalente à 11,5 terrains de football, consomme la même puissance électrique qu’une ville française de 100 000 habitants et stocke près de 400 000 litres de fioul pour pallier une éventuelle coupure de courant. Des data-centers de ce type, il y en a des milliers sur la planète et il y en aura de plus en plus. Car l’essor des technologies de l’information permet de stocker, à toutes fins utiles (notamment le profilage des clients et des citoyens), des données qu’on aurait jamais conservées sinon. Il suffit de penser à toutes celles que génère un achat en ligne, comparé à un passage au magasin du coin.

Dématérialisation – Célia Izoard, Aurélien Berlan – Pages 88 à 90


Suite à rédiger…

Avis personnel

“Greenwashing”, manuel pour dépolluer le débat public : un livre qui parle aussi un peu du numérique, mais pas que !… Intéressant et agréable à lire, cet ouvrage est très abordable. Et les différents chapitres peuvent sans problème être lus dans le désordre, selon vos envies ou priorité, au fil des thématiques qui vous interpellent en premier. Même si, vue globalement, l’analyse que font les auteurs sur le sujet aurait plutôt tendance à alimenter « l’écopessimisme » ambiant, la lecture de ce livre pourra cependant nous aider à ouvrir les yeux sur « le greenwashing institutionnalisé, qui nous empêche de parler des enjeux primordiaux que sont la décroissance, la sobriété et les solutions collectives »…1)

C’est donc un livre “militant”, rédigé par une équipe de scientifiques et spécialistes, à lire impérativement par toute personne qui souhaite trouver quelques clés pour ne pas se laisser enfermer dans les filets d’un néolibéralisme, avide de profits court-termistes, et qui fera tout pour que le système actuel perdure aussi longtemps que possible.

Erick Mascart – Le 26/06/2022


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1)
La citation est empruntée à Hubert Guillaud, dans l’article « Greenwashing, Techwashing : même impasse ? » qu’il a publié sur son blog.
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