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chanson_satirique:l_ia_prof

LA BALLADE DE CHATGPT

ou comment j'ai appris à ne plus réfléchir et à aimer l'algorithme

Chanson satirique Sur un air de chanson française à l'ancienne Musique : Nicolas Pettiaux & son collègue compositeur Paroles : Nicolas Pettiaux Interprétation suggérée : quelque part entre Georges Brassens et Alain Souchon


COUPLET 1

Moi j'étais prof de mathématiques Dans un lycée de la capitale J'enseignais les équations magiques Les cosinus et les intégrales

Mais v'là qu'un jour notre ministre En costume trois-pièces bien coupé Nous annonce d'un air sinistre Que tout ça va être chamboulé

(tempo ralenti, presque parlé)

“Mes chers amis, l'IA nous sauve De ces corvées du temps jadis Finis les cours, finie la gnole Bienvenue dans le paradis !”


REFRAIN

ChatGPT, mon ami, mon frère ChatGPT, tu fais mes devoirs ChatGPT, prof imaginaire Tu m'évites d'utiliser ma mémoire

Plus besoin de me creuser la tête Plus besoin de réfléchir un peu ChatGPT fait tout à ma place Et moi je supervise, les bras croisés, les yeux vitreux

(Répéter avec ironie crescendo)


COUPLET 2

Kevin m'apporte sa rédaction Quinze pages, sans une faute Vocabulaire, érudition Ça m'épate, j'avoue, ça me botte

“Bravo Kevin, quel beau travail !” “C'est pas moi m'sieur, c'est le robot” “Mais t'as compris ?” “Bah… en détail… Non, mais j'ai cliqué sur enter, ça a fait bingo !”

(tempo plus rapide, presque parlé-chanté)

Alors je lui demande candide “Et toi Kevin, tu penses quoi ?” “Penser ? Pourquoi faire ? C'est aride ! C'est ChatGPT qui pense pour moi !”


REFRAIN

ChatGPT, mon ami, mon frère ChatGPT, tu fais mes devoirs ChatGPT, prof imaginaire Tu m'évites d'utiliser ma mémoire

Plus besoin de me creuser la tête Plus besoin de réfléchir un peu ChatGPT fait tout à ma place Et moi je supervise, les bras croisés, les yeux vitreux


COUPLET 3 (plus mélancolique)

L'UNESCO nous met en garde Elle dit “Attention, danger” Mais nos ministre n'y prennent pas garde Trop occupés à évangéliser

“Personnalisation des apprentissages !” Qu'ils nous chantent sur tous les tons Pendant que Silicon Valley engage Nos cerveaux pour trois francs six sous, et des coupons

(ralentir, presque susurré)

Nos gamins ne savent plus écrire Ne savent plus compter ni penser Mais ils savent copier-coller, ça pour sûr C'est déjà ça, faut pas les blâmer


PONT (parlé-chanté, rythme changeant)

Cinquante-et-un pourcent de dépendance Dix-sept pourcent de baisse aux examens Soixante-quatorze pourcent d'utilisateurs en France Cent pourcent d'hypocrisie dans nos programmes

OpenAI perd cinq milliards par an Mais qu'importe ! On investit, on subventionne On achète des licences à tout va Pendant qu'on ferme des classes, qu'on supprime des bonnes

(crescendo vers le refrain final)


REFRAIN FINAL (version amère)

ChatGPT, mon ami, mon maître ChatGPT, tu voles mes savoirs ChatGPT, tu nous rends peut-être Plus cons qu'avant, sans aucun espoir

On n'a plus besoin de se creuser la tête On n'a plus besoin de rien foutre du tout ChatGPT décide à notre place Et nous on devient les esclaves de l'outil

ChatGPT, mon ami, mon bourreau ChatGPT, t'as tué l'école ChatGPT, dieu de mon cerveau Viens me voler ma dernière pensée originale


COUPLET 4 (coda, plus lent)

Dans vingt ans, quand les machines Auront pris tous nos boulots Quand l'humanité décline Remplacée par des robots

On se demandera peut-être En se frappant le front “Comment on a pu permettre Qu'on nous transforme en moutons ?”

(très lent, presque parlé)

Mais il sera bien trop tard, mes amis Le mal sera fait, irrémédiable On aura vendu notre esprit Pour un abonnement premium, non remboursable


FINALE (a cappella ou très dépouillé)

ChatGPT, ChatGPT Tu nous as bien eus ChatGPT, ChatGPT On a tout vendu

Notre âme, notre cerveau Notre capacité de penser Pour un monde plus beau Selon Microsoft et OpenAI

(dernier vers répété trois fois, en decrescendo)

ChatGPT… mon ami… mon frère… ChatGPT… mon ami… mon frère… ChatGPT… [silence] … mon fossoyeur.


NOTES DE L'AUTEUR

Cette chanson peut être interprétée sur un ton léger et ironique, ou au contraire sur un ton plus grave et désabusé. L'accompagnement suggéré est minimaliste : guitare acoustique, peut-être un accordéon pour le côté chanson française, et pourquoi pas un synthétiseur pour les passages évoquant l'IA (ironie).

Les changements de tempo et de dynamique sont essentiels pour maintenir l'attention et souligner les différents niveaux de lecture : de l'humour au second degré à la critique sociale mordante.

Cette chanson est évidemment sous licence CC-BY-SA. Vous êtes libres de l'adapter, la réinterpréter, la massacrer à votre guise. Contrairement à ChatGPT, je crois encore à la culture libre.

Si vous l'interprétez, envoyez-moi un enregistrement. Mais pas par email automatique généré par IA, s'il vous plaît.


Dédicace spéciale à tous mes collègues qui résistent encore et toujours à l'envahisseur algorithmique.

Et à Catherine, qui supporte mes chansons depuis des années, et qui n'a pas (encore) été remplacée par une IA.

P.S. : Oui, j'ai utilisé des statistiques réelles dans une chanson satirique. C'est ça, être prof de maths : on ne peut pas s'empêcher de citer des pourcentages, même quand on fait de l'art.

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/var/www/alternc/e/educode/www/educode.be/dokuwiki/data/pages/chanson_satirique/l_ia_prof.txt · Dernière modification : de Nicolas Pettiaux